FAREWELL POEMS
  >>> Farewell poems

   
 

 

LE SECOND FAUST
(Acte V)
Johann Wolfgang von Goethe


Je n'ai fait que traverser le monde en courant ;
J'ai saisi aux cheveux chaque désir
Laissant aller ce qui ne me plaisait pas,
Laissant passer ce qui m'échappait.
Je n'ai fait que convoiter,
accomplir mes desseins
Et convoiter encore ; ainsi, plein de vigueur,
J'ai passé ma vie dans l'impétuosité,
d'abord grand et puissant ;
Mais aujourd'hui je vais avec sagesse et réflexion.
Le globe terrestre m'est suffisamment connu.
Le vue sur l'Au-delà nous est fermée.
Insensé celui qui, dirigeant là-bas
ses yeux clignotants,
S'imagine que ses semblables existent
au-dessus des nuages.
Qu'il se tienne ferme et regarde ici
autour de lui ;
Pour un esprit qui sais agir,
ce monde n'est pas muet ;
Qu'a-t-il besoin d'errer dans l'éternité ?
(...)
Oui, je me livre tout entier à cette pensée
Qui est l'arrêt suprême de la sagesse :
Celui-là seul mérite la liberté et la vie
Qui doit chaque jour les conquérir.
Ainsi environnés de dangers,
L'enfant, l'homme, le vieillard passeront ici vaillamment leurs années.
Je voudrais voir une foule animée
d'une telle activité,
Je voudrais être sur une terre libre
avec un peuple libre ;
Je pourrais alors dire au Moment :
Demeure donc, tu es si beau !
La trace de mes jours terrestres ne peut être anéantie dans les Eons…
Dans le pressentiment d'une si grande félicité
Je jouis maintenant du plus sublime moment.


 

 

DER ZWEITE FAUST
(AKT V)
Johann Wolfgang von Goethe

Ich bin nur durch die Welt gerannt ;
Ein jed 'Gelüst ergriff ich bei den Haaren,
Was nicht genügte, liess ich fahren,
Was mir entwischte, liess ich ziehn.
Ich habe nur begehrt und nur vollbracht,
Und abermals gewünscht und so mit Macht
Mein Leben durchgestrürmt ;
erst gross und mächtig,
Nun aber geht es weise, geht bedächtig.
Der Erdenkreis ist mir genug bekannt,
Nach drüben ist die Aussicht uns verrannt ;
Tor, wer dorthin die Augen blinzelnd richtet,
Sich über Wolken seinesgleichen dichtet !
Er stehe fest und sehe hier sich um ;
Dem Tüchtigen ist diese Welt nicht stumm.
Was braucht er in die Ewigkeit zu schweifen !
(...)
Ja ! diesem Sinne bin ich ganz ergeben,
Das ist der Weisheit letzter Schluss :
Nur der verdient sich Freiheit wie dans Leben,
Der täglich sie erobern muss.
Und so verbringt, umrungen von Gefahr,
Hier Kindheit, Mann und Greis sein tüchtig Jahr.
Solch ein Gewimmel möcht ich sehn,
Auf freiem Grund mit freiem Volke stehn.
Zum Augenblicke dürft ich sagen :
Verweile doch, du bist so schön !
Es kann die Spur von meinen Erdetagen
Nicht in Äonen untergehn. -
Im Vorgefühl von solchem hohen Glück

Geniess ich jetzt den höchsten Augenblick.